Ce qui s’est passé
Le 21 novembre 2025, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, a suspendu à titre provisoire, pour quatre mois, 21 agents du cadastre — des ingénieurs et des techniciens. Le ministère, qui a publié la décision, leur reproche notamment la falsification de cartes foncières, la rétention abusive de dossiers, la surfacturation de prestations et des fraudes répétées.
Quelques mois plus tard, selon la presse camerounaise, le ministre a déclaré que l’époque des titres délivrés sans vérification sur le terrain était « révolue », et annoncé la digitalisation des procédures, davantage de transparence dans le traitement des dossiers et des sanctions contre les agents qui manipulent des dossiers.
Ce que cela ne veut pas dire
Une suspension provisoire n’est pas une condamnation : les agents concernés sont mis en cause, rien de plus à ce stade. Et cela ne veut pas dire que tout le cadastre est en cause. Cela montre simplement que l’administration reconnaît elle-même que des documents fonciers ont pu être falsifiés ou retenus — et qu’un document ne vaut pas par le tampon qu’il porte.
Pourquoi cela concerne celui qui achète
Un plan, une carte ou une copie de titre peuvent comporter une erreur, ou pire, dès la source. L’acheteur qui se contente des papiers que le vendeur lui tend dépend entièrement de la bonne foi de ce vendeur — et de celle de toute la chaîne qui a produit ces papiers.
Ce que l’on peut faire concrètement
- Demandez vous-même l’état des droits réels à la Conservation Foncière, ou faites-le demander par votre notaire : un document à jour obtenu par vous vaut plus qu’une copie fournie par le vendeur.
- Allez voir les bornes sur le terrain et comparez avec le plan de bornage : numéros, positions, surface.
- Choisissez votre propre notaire, pas celui que propose la personne qui vous vend.
- Ne payez rien avant d’avoir le dossier complet, jamais sur un compte ou un numéro personnel, et exigez un reçu numéroté.
- Méfiez-vous du « je connais quelqu’un au cadastre ». Un intermédiaire qui promet d’accélérer ou d’« arranger » un dossier ne vous protège pas : il vous expose.
Traiter avec quelqu’un dont on peut contrôler les documents
On n’achète pas un terrain à quelqu’un dont on ne peut pas vérifier les papiers. Le bon réflexe, avant même de parler de prix : qui est le vendeur, quel est son titre, et comment allez-vous pouvoir le vérifier par vous-même ?
Photo : MINDCAF (mindcaf.gov.cm), image publiée avec la décision du 21 novembre 2025.
Sources : décision du ministre des Domaines du 21 novembre 2025, publiée sur mindcaf.gov.cm ; déclarations du ministre au salon PROMOTE (21 juin 2026), rapportées par Camer.be.